Les généticiens travaillent en fonction des orientations qui leur sont fixées et c’est normal. Le problème c’est qui fixe ces objectifs. Le pouvoir du consommateur est quasi nul.

Des tomates goûteuses ou des tomates résistantes aux chocs ?

Prenons l’exemple des tomates. Le consommateur recherche des tomates juteuses et goûteuses.

Malheureusement depuis des décennies la recherche a été guidée surtout par les demandes de la filière et en particulier des distributeurs.

Que veulent les distributeurs ? Des tomates standardisées, belles (d’aspect) et surtout des tomates qui supportent les diverses manipulations et qui se conservent longtemps.  Pendant plusieurs années le goût a été le parent pauvre de cette recherche et nous avons été obligés de manger des tomates effectivement belles mais sans aucune saveur !

Le jardinier amateur n’a pas les mêmes exigences. Il recherche d’abord le goût et secondairement la résistance aux maladies. Ses tomates n’ont pas besoin de se conserver longtemps, elles sont mangées immédiatement après la cueillette.

Ses tomates n’ont pas besoin non plus de résister aux chocs : Elles sont manipulées avec précaution et ne subissent aucun calibrage ou transport !

Une récolte de haricots étalée dans le temps.

Prenons maintenant  l’exemple des haricots.

Le producteur veut récolter sa parcelle en une seule fois : tous les haricots doivent être au même stade au même moment. Le jardinier n’a pas ces exigences, bien au contraire ! Il veut pouvoir déguster des haricots frais tout l’été et donc étaler la production : objectif totalement inverse du producteur ou de l’industriel légumier.

Utilisation des semences du jardin.

Le jardinier veut aussi en général réutiliser ses semences d’une année sur l’autre. Cette fois son objectif est contraire à celui de l’obtenteur et du producteur de semences qui diffusent le plus possible des variétés hybrides qui ne peuvent pas se ressemer.

Pour une création végétale adaptée au besoin du consommateur

Pour une création végétale adaptée au besoin du consommateur

La recherche variétale peut néanmoins être très utile pour le jardinier amateur. C’est en particulier le cas quand la recherche se focalise sur la résistance aux maladies. Ainsi, par exemple, les variétés récentes de pommes de terre sont en général beaucoup plus résistantes aux maladies et en particulier au mildiou. Les variétés BF15 et Belles de Fontenay  donnaient des pommes de terre excellentes mais elles étaient très sensibles au mildiou et donc plus difficiles à réussir dans un jardin bio. Dans ce domaine la recherche nous est très utile, merci aux chercheurs.

Néanmoins dans certains cas les directives données aux chercheurs sont « absurdes ». Ainsi on ne demande plus parfois aux chercheurs de trouver des variétés résistantes aux maladies ; aux pestes donc, on leur demande de créer des variétés résistantes aux pesticides !!

Là nous touchons l’absurde et on aboutit aux OGM et en particulier aux semences Roundup Ready !

Ne laissons pas la recherche génétique entre les seules mains des producteurs de produits chimiques, c’est dangereux !